Pièce de monnaie romaine en bronze sur un socle de marbre rouge sombre, illustration de la richesse chez les stoïciens.

La richesse est-elle indifférente aux stoïciens ?

Une prime apparaît sur la fiche de paie, puis sert à payer une facture ou à remplir le réservoir. Elle a une utilité réelle. Les stoïciens la rangeaient pourtant parmi les « indifférents ».

Le mot surprend. Ici, il ne signifie pas « sans importance ». Il désigne ce qui ne rend pas, à lui seul, une personne bonne ou mauvaise. La richesse compte dans la vie; sa possession ne suffit pas à faire une vie juste.

La formule transmise par Stobée

Dans les Éclogues, Stobée écrit :

« Les choses indifférentes, disent-ils, se trouvent entre les biens et les maux. »

Stobée, Éclogues, II, 79,1. Traduction proposée à partir du grec.

Le passage emploie le mot en deux sens. Les choses indifférentes ne sont ni des biens ni des maux moraux; elles ne provoquent pas non plus, par elles-mêmes, un mouvement de choix ou de rejet. Les stoïciens ajoutaient une nuance : certaines ont une valeur de préférence. La santé et les ressources peuvent être choisies, sans devenir pour autant des biens moraux.

Préférer la richesse sans en faire un bien

Diogène Laërce cite la santé, la force, la réputation et la richesse parmi les indifférents (Vies et doctrines, VII, 102-104). Une personne peut préférer un revenu régulier : il permet de régler le loyer et d’organiser le mois. La question morale porte aussi sur les actes qui accompagnent ce revenu, par exemple la façon de le gagner ou de traiter ceux qui y contribuent.

Ce classement laisse donc une place aux besoins ordinaires. Il aide surtout à distinguer les ressources dont on dispose de la qualité des choix que l’on fait. La richesse offre des moyens; l’usage qu’on en fait engage le jugement et la conduite.

Un texte conservé par Stobée

Stobée a transmis plusieurs exposés stoïciens sous forme d’extraits. Le passage sur les indifférents est traditionnellement associé à Arius Didyme, même si son attribution précise reste discutée. K. A. Algra examine ce dossier dans son étude sur Arius Didyme et la transmission de l’éthique stoïcienne.

Consultez le texte grec de Stobée, l’étude de K. A. Algra et notre guide du stoïcisme.

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